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maggy
Inscrit le: 11 Avr 2006 Messages: 5037 Localisation: Rimouski
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Posté le: Jeu Jan 11, 2007 9:24 pm Sujet du message: L'Europe fera face à de profonds bouleversements climatiques |
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Marc Thibodeau
La Presse
Paris
Le réchauffement climatique risque de transformer en profondeur l'Europe, qui pourrait être confrontée dans le siècle qui vient à une multiplication de tempêtes et d'inondations meurtrières. Le mercure pourrait monter au point de faire disparaître la neige des Alpes et obliger les amateurs de plage à séjourner en mer Baltique, bien au nord, plutôt qu'aux abords de la mer Méditerranée.
Ces chambardements sont évoqués par la Commission européenne dans un rapport présenté hier à l'occasion du dévoilement d'une nouvelle politique énergétique, qui fixe des objectifs ambitieux de réduction des émissions de gaz à effet de serre pour les pays membres de l'Union européenne.
Le document en question évoque deux scénarios de réchauffement qui prennent en compte son impact dans une foule de domaines, incluant l'agriculture, la santé et le tourisme.
Le plus extrême, qui repose sur l'hypothèse d'une augmentation de la température moyenne de 3 degrés Celsius sur un siècle, prévoit que la chaleur estivale accrue causera 86 000 morts contre 32 000 si la hausse se limite à 2,2 degrés. Dans les deux cas, le nombre de morts évitées en raison de températures plus douces dans le nord du continent durant l'hiver ne suffira pas à contrebalancer l'impact dans le Sud.
Les chercheurs projettent par ailleurs que « l'ampleur et la fréquence d'événements météorologiques extrêmes va augmenter et que les inondations seront plus fréquentes et sévères dans plusieurs régions européennes. »
Déjà, le nombre d'inondations majeures ayant requis des secours internationaux a augmenté. Un plus grand nombre d'incidents de ce type ont été enregistrés en Europe de 1990 à 1998 que de 1950 à 1985. La hausse des crues, pour un cours d'eau comme le Danube, ferait en sorte que 242 000 personnes de plus seraient affectées en cas d'inondation majeure.
Grosse facture
Sans adaptation appropriée, les coûts annuels additionnels découlant des inondations, de la montée de la mer et de l'érosion côtière pourraient atteindre jusqu'à 42,5 milliards d'euros, soit quelque 60 milliards de dollars.
La production agricole serait aussi profondément transformée à l'échelle du continent. Les pays du Nord, grâce à des saisons allongées et une augmentation de la période sans gel, pourraient voir leur productivité s'accroître, selon la zone, de 2,8 à 70 %. Dans le Sud, on assisterait plutôt à une diminution variant de 1,9 à 22,4 %.
Le tourisme serait aussi affecté. Actuellement, plus de 100 millions de personnes du nord de l'Europe migrent annuellement vers le Sud pour profiter du soleil et des plages, ce qui représente, au dire de la Commission européenne, le plus important flux touristique de la planète.
Le moindre changement aurait de lourdes conséquences économiques pour les pays du Sud, souligne le rapport, en relevant que les conditions météorologiques idéales dont bénéficient actuellement les pays du pourtour de la mer Méditerranée pourraient se retrouver plutôt autour de la mer du Nord ou de la mer Baltique.
Les Alpes pourraient perdre 80 % de leur couverture de neige et de glace d'ici à la fin du siècle avec une hausse de température de 3 degrés Celsius et 100 % si la hausse atteint 5 degrés.
Le président de la Commission européenne, José Manuel Barroso, a évoqué ces projections hier pour justifier l'introduction du nouveau plan énergétique pour l'UE, présentée comme la base d'une « révolution post-industrielle. »
Il prévoit, d'ici 2020, une réduction des émissions des gaz à effet de serre des pays membres de l'ordre de 20 % par rapport au niveau existant en 1990.
M. Barroso a dit souhaiter que les pays industrialisés mettent la barre encore plus haut en se fixant un objectif de réduction de 30 % sur la même période. En absence de consensus, les pays de l'UE iront unilatéralement de l'avant avec l'objectif réduit, a-t-il précisé.
« Ça enverra un message clair sur le sérieux avec lequel nous considérons l'avenir de la planète », a-t-il indiqué.
Le plan a été présenté dans ses grandes lignes par M. Barroso au président des États-Unis, George W. Bush, lors d'un voyage survenu en début de semaine.
Il a dit recevoir un bon accueil du chef américain, qui maintient l'opposition du pays au protocole de Kyoto sur les gaz à effet de serre.
« Je vois une attitude plus ouverte, engagée sur le besoin d'une action commune et mondiale sur cette question », a assuré M. Barroso, qui souhaite convaincre les États-Unis d'emboîter le pas pour ensuite faire pression sur les deux autres plus importants pollueurs de la planète, la Chine et l'Inde.
Les nouveaux objectifs préconisés par l'UE risquent par ailleurs d'être reçus avec peu d'enthousiasme au Canada par les conservateurs de Stephen Harper, qui jugent inatteignables les cibles plus modestes fixées pour le pays dans l'accord de Kyoto. |
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